13/07/2008

Rêveries

mary 4

Ce texte très lentement est à lire,
Pour à travers chaque mot, en découvrir
Toute la nuance et la subtilité
Car le lire c'est en rêver...


Frôlements  des peaux câlines
Souffles courts, saccadés de violine
Irrésistible frénésie affolante
Au creux des reins la morsure douce puis violente

Ambre de la peau soumise à l'ivresse
Douce comme la plus rare des soies

Lentement elle s’étirait, laissait revivre son corps
Réveillée par la caresse des premiers rayons du soleil 
  

Puis, bientôt,  son beau songe s’éteignît,  dissipé par le jour qui s’était levé…

Mary  

 

18:21 Écrit par Mary dans Général | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

06/07/2008

Lien de coeur

Numériser



Juliane était plantée là devant cette grande armoire,  avec dans les mains,  cette lettre jaunie par le temps. Devait elle l’ouvrir maintenant sans que sa mère ne soit là près d’elle ? Il n’y avait pas de nom ni de prénom sur l’enveloppe, juste ces mots : « à ouvrir après ma mort ». Pourquoi avait elle voulu commencer  aujourd’hui à débarrasser  ses vêtements ? Elle avait pourtant le temps ;  les clés de  la maison seraient à rendre le mois prochain.  Quel esprit avait guidé sa main dans la poche de cette veste en tweed qu’il aimait tant ? Assise sur le grand lit, elle  passait et repassait son index sur l’écriture fine de son père. Elle tourna la tête vers la table de nuit et sourit devant la photo : comme il l’aimait, cela se voyait tant ! Il la serrait tellement fort contre lui pour ne pas qu’elle tombe de ce bateau. 

Elle se rappelait si bien quand il lui expliquait le ciel, les étoiles alors qu’ils étaient tous les deux allongés dans l’herbe. De tendres souvenirs  revinrent à son esprit, elle pouvait presque encore entendre sa voix douce et chaude quand il l’appelait " mon ange".  

 Elle sentit les larmes brouiller son regard.  Pourquoi l’avait il quitté si tôt ? Elle avait tant besoin de lui ! Ce père, cet homme extraordinaire qui lui avait toujours servi de modèle et qui était toujours là quand elle voulait se confier. Ses conseils étaient  si précieux, comment allait elle vivre sans sa main sur son épaule, sans ce regard apaisant lorsqu’elle se sentait si mal ?

Cette lettre semblait maintenant lui brûler les doigts, il fallait qu’elle l’ouvre. Le coeur battant, elle glissa son index sous le dos de l’enveloppe. Pourquoi avait elle si peur et tellement envie à la fois de savoir ce qui était écrit dedans ? Son esprit était troublé comme si elle pressentait d’avance qu’elle allait découvrir quelque chose de très important.  Elle sortit la lettre de l’enveloppe, le papier était d’un beau bleu, elle reconnu alors  un cadeau de fête des pères qu’elle lui avait offert petite fille ;  elle se revoyait devant lui le cœur battant, tortillant ces nattes d’impatience …

 

 L’écriture était un peu chancelante, il avait dû l’écrire durant ces toutes dernières semaines où il lui était devenu si difficile de faire un geste sans souffrir.  Les mots étaient  pourtant écrits avec toute l’application qu’elle lui connaissait :

  «  Mes amours, A toi Mado que j’ai aimé dès le premier regard, tu sais à quel point j’aurais voulu lutter encore et encore pour profiter de ta main dans la mienne chaque soir en m’endormant …Je voudrais maintenant que tu me pardonnes déjà pour ce que je vais écrire, je dois lui dire, tu sais que je dois le faire. Juliane doit savoir ».Juliane sentit une énorme boule resserrer sa gorge, ses mains se crispèrent davantage sur le papier bleu.  « Ma petite Juliane, te voilà devenue une très belle jeune fille maintenant. Je suis si fière de toi. De ce que tu es devenu, de ce  tu que feras, même si je ne serai plus là pour guider tes pas. Combien de fois m’as-tu comblé de bonheur ? Je ne pourrais le dire …J’ai été et resterai le père le plus heureux du monde.  Et pourtant, ce père, mon ange, j’aurais voulu l’être bien plus encore. Je veux dire, j’aurais voulu l’être jusqu’au bout des ongles, te transmettre ce lien de sang...Non, petite Juliane ne pleure pas, je sais, je sais que tu viens de comprendre. Ce papa que tu as toujours connu près de toi n’a de titre de père que ce que la vie a voulu lui offrir ce jour merveilleux de Novembre 1967 : toi et ta maman.Quel bonheur immense ce jour là,  où j’ai croisé tes petits yeux noirs. Ta mère était si belle en te tenant dans ses bras, elle te serrait fort et semblait tellement désemparée. Je vous ai aimé passionnément toutes les deux dès le premier regard. Peu importe ce qui s’était passé avant, tu étais là, toi et ta maman, mes deux trésors. Sais tu mon ange que j’ai remercié dieu chaque jour de vous avoir mis sur mon chemin ? Jamais je n’aurais voulu une autre vie ! ». 

 Juliane ne pouvait arrêter les larmes qui coulaient sur ses joues. Elle comprenait tout maintenant, les questions sur ses grands parents et pourquoi ils avaient mis leur fille à la porte. Elle comprenait tout aujourd’hui, la tristesse de sa mère chaque fois qu’elle avait posé des questions sur eux, les larmes d’émotions de son père lorsqu’elle avait demandé de raconter sa naissance. Il était si doué pour raconter, il avait donné tant de détails, tant d’amour dans ses souvenirs qui n’étaient pourtant pas les siens. Jamais, elle n’aurait pu imaginer qu’on puisse aimer autant.   L’amour qu’elle avait pour lui s’était décuplé en quelques instants. Elle aurait tant voulu qu’il oublie sa peur et qu’il lui dise avant de partir. Il avait eu peur sans doute. Peur qu’elle l’aime moins …

 

Juliane replia la lettre bleue, la remit dans l’enveloppe puis dans la poche de la veste. Elle souriait, heureuse, apaisée.  Elle sentait son cœur exploser d’amour pour cet homme, ce père, SON père, oui, son père.

 

 Peu importe ce qui était vérité, il avait tellement bien su inventer pour elle, ce lien de sang qu’ils n’avaient pas.

 Oui, se dit elle , IL méritait ce « titre » de papa  qu’il avait honoré chaque jour de sa vie.  

Mary

23:19 Écrit par Mary dans Général | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

04/07/2008

Douceur d'un soir

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A lire ou à relire ce texte écrit il y a longtemps déjà :        

A la lueur du soleil couchant
Dont les rayons se déploient
Son ombre se profile à l'horizon u
ne fée

Ses ailes blanches se parent des couleurs de la lune

Puis elle  se laisse glisser au fil du vent

Toute la nuit, elle voyagera
A la recherche de ce trésor
Jusqu'à cet endroit  tant convoité déjà
Dont elle  rêve quand elle  s'endort

A l'aube elle se posera
Devant ses rives rebelles
Bordées de couleurs superbes
Qui la laisseront sans voix

Dix fois elle cherchera son regard d’amour
Celui de ce capitaine au long cours
Lui qui hésitera longtemps encore
Perdant et brisant  à chaque instant

Son armure  de conquistador 

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Mary

18:59 Écrit par Mary dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |