06/03/2009

Couleurs Café

 

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Je suis la première levée. Dehors, dans le bleu de l’aube, ourlé de rose, la fraîcheur de la nuit se dissipe lentement. Quelques moineaux s’aventurent à chanter le nouveau jour qui commence, on sent le printemps qui pointe le bout de son nez. La maison est calme, presque abstraite, c’est à peine si l’on entend le chuintement du café qui coule. Pour reprendre contact avec la réalité, je tends la main vers le journal du matin. Les pages se succèdent doucement, je découvre la météo dans les odeurs chaudes du petit déjeuner, et devine en survolant les titres que le monde d’aujourd’hui est le même que celui d’hier. J'abandonne cette lecture qui je le sais, va me mettre de mauvaise humeur, je n'en ai pas envie. Je me laisse glisser entre les coussins du canapé, je me pose, je rêve. Comme moi, j'aimerais que le jour ne soit pas pressé de commencer.

 

 Les arômes du café et l’odeur du pain grillé m'aide à prolonger les sensations de la couette encore chaude. Je respire avec bonheur l’amertume sucrée du café, je me délecte du nectar noir et le laisse descendre, d’abord par petites gorgées, juste pour en apprécier le goût et l’odeur puis c’est toute la tasse que je savoure. Je jette un œil sur les croissants chauds et dorés, leur pâte est tiède presque molle. Je pense à autrefois et me retrouve ailleurs. Ce matin là jusqu’à l’enfance, avec en tête, de vagues souvenirs de confiture à la mûre volée du bout des doigts. Une délicieuse recette, jamais égalée dans tous les pots que je chercherai à acheter bien plus tard.

 

De temps en temps je relève la tête pour regarder le ciel dehors, il y a quelque chose de doux et léger qui flotte.Doucement minute après minute, la rumeur du dehors s’amplifie des bruits de la vie, le moteur d’une voiture qui démarre au loin, le chant des oiseaux se fait plus fort, déjà 8 h et c’est comme si le monde entier était maintenant réveillé. Je passe et repasse ma langue sur le bord de mes lèvres caféinées, puis me lève -  il faut me préparer. 

 

Je laisse glisser la soie sur ma peau, je frisonne et alors ne pense plus qu’à une chose :  au petit déjeuner de demain.

 

Mary

01:14 Écrit par Mary dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |